UNION MONDIALE DES ANCIENS ELEVES UNION MUNDIAL DE LOS ANTIGUOS ALUMNOS WORLD UNION ALUMNI/OLD BOYS ENSEMBLE TOGETHER CONCORDES BOGOTÁ D.C. DÉCÉMBRE 2002 Ci-dessus, voici les membres composant le Bureau et le Comité exécutif de l'Union Mondiale des ancien(ne)s élèves des Jésuites qui ont été désignés lors du Congrès mondial de Sydney (Australie) en juillet 1997. Le Bureau et le Comité exécutif sont constitués ainsi : 4 personnes de droit composant le bureau (le Président, le Vice-Président, le Secrétaire, le Trésorier), et 13 représentants élus à raison de : 2 délégués pour chacune de ces parties du monde : l'Afrique, l'Amérique latine, l'Amérique du Nord, l'Europe, l'Asie du Sud, et d'1 délégué pour chacune de ces autres parties : le Moyen-Orient (poste actuellement vacant), l'Asie de l'Est et l'Océanie. Sont également étroitement associés à l'Union Mondiale, les deux Vice-Présidents de l'Association Mondiale Pedro Arrupe et le Webmaster du site de l'Union Mondiale. Nous avons eu la tristesse d'apprendre la mort de Pedro Reis Lima Neto survenue le 25 mai 2002. Qu'il repose en paix ! (page extraite de la revue de l'Association des Anciens Elèves des Jésuites d'Australie (AJAA), avec l'autorisation de Robyn Treseder, membre du Comité exécutif ) L'UNION MONDIALE DES ANCIEN(NE)S ÉLÈVES DES JÉSUITES ADRESSE UN CHALEUREUX MESSAGE DE BIENVENUE AUX DÉLÉGUÉS QUI ASSISTERONT AU CONGRÈS MONDIAL DES ANCIEN(NE)S ÉLÈVES DES JÉSUITES QUI SE TIENDRA A CALCUTTA EN INDE DU 21 AU 24 JANVIER 2003. CE SERA LE LIEU DE SA PROCHAINE RÉUNION ET LE MOMENT DE PROCÉDER A L'ÉLECTION DES RESPONSABLES. CONGRÈS MONDIAL DES ANCIEN(NE)S ÉLÈVES DES JÉSUITES du 21 au 24 janvier 2003 à Kolkata (Inde) Le Sommet de la Joie Thème du Congrès : LA RECHERCHE DE LA DIGNITÉ HUMAINE Le thème du Congrès est parfaitement illustré par ces premiers mots d'un poème écrit par le poète indien mondialement connu, Rabindranath Tagore, lauréat du Prix Nobel de littérature : " Là où l'esprit est sans crainte et la tête haut portée... " Rabindranath Tagore (1861-1941) a été élève du Collège St Xavier de Kolkata durant l'année 1875- 1876 et a fait partie de l'Association des anciens élèves dans les années 30, de sorte qu'il est fort à propos d'avoir choisi ce vers pour donner du lustre au Congrès. Pour Rabindranath Tagore, la religion était affaire de conviction personnelle. Il avait une très grande foi dans les personnes qui, " de par le monde, ont une pensée claire et des sentiments nobles, posent des actes droits, étant par là-même des médiateurs de la vérité morale ". Tagore s'est considéré lui-même comme un pèlerin solitaire, perpétuellement en quête d'une béatitude illimitée, laquelle dépasse sans doute le royaume de l'expérience humaine. Dans sa vie, il a constamment recherché une forme universelle d'expression religieuse, enracinée dans l'esprit de la tradition indienne. On trouvera ci-dessous cette célèbre et inoubliable invocation à la divinité qu'a écrite Tagore pour le salut de son pays (elle a été publiée en 1910 dans le Gitanjali) : " Là où l'esprit est sans crainte et où la tête est haut portée. Là où la connaissance est libre. Là où le monde n'a pas été morcelé entre d'étroites parois mitoyennes. Là où les mots émanent des profondeurs de la vérité. Là où l'effort infatigué tend les bras vers la perfection. Là où le clair courant de la raison ne s'est pas mortellement égaré dans l'aride et morne désert de la coutume. Là où l'esprit guidé par toi s'avance dans l'élargissement continu de la pensée et de l'action - Dans ce paradis de liberté, mon Père, permets que ma patrie s'éveille. Rabindranath Tagore pendant la fondation de l´Asociation d´anciennes élèves du lycée de San Javier en 1932 (Dans "San Javier-La formación de una Institución en Calcuta", por Udayan Namboodiry) EDITORIAL NOTRE CONGRÈS MONDIAL Ce numéro d'ETC est le dernier que nous vous enverrons avant le 6ème Congrès mondial des Ancien(ne)s Elèves des Jésuites, qui se tiendra à Kolkata (Inde) du 21 au 24 janvier 2003. Je voudrais renouveler, à l'intention de toutes les anciennes et de tous les anciens élèves du monde, l'invitation à s'y rendre et à nous rejoindre. Comme je vous l'ai dit à maintes reprises, ce Congrès de Calcutta sera unique en son genre : il sera en effet le premier congrès à se tenir en Asie, dans un pays où la plus grande partie de la population n'est pas catholique mais chez qui la spiritualité joue un rôle très important. La Fédération Indienne des ancien(ne)s élèves a effectué, en coopération avec un comité d'organisation, un gros travail préparatoire pour que tout soit prêt le jour J. Le programme est tout-à-fait spécifique, avec beaucoup de temps d'échanges en petits groupes permettant à chacun de nous d'avoir une large connaissance du travail et de l'expérience des associations du monde entier. La qualité d'un congrès se mesure à ses participants. C'est pourquoi il est très important que la participation de délégués venant de toutes les parties du monde soit massive. Comme organisation, notre force vient de notre diversité, du fait notamment qu'il existe des ancien(ne)s élèves des Jésuites sur les cinq continents, venant des 55 pays où les Jésuites ont des établissements d'enseignement. De notre congrès mondial, nous pouvons espérer qu'il en sortira des recommandations qui indiqueront pour notre mouvement la direction à suivre dans les années à venir. Je crois qu'un des traits les plus importants de nos congrès mondiaux est la rencontre de personnes appartenant à des milieux culturels différents : c'est alors qu'elles se rendent compte qu'elles sont unies par la spiritualité ignatienne, qu'elles partagent la même référence éducative des Jésuites et que, lorsqu'elles rencontrent un autre ancien élève des Jésuites, elles rencontrent un ami. J'espère que vous pourrez en faire la très riche expérience en vous rendant en Inde. Le Congrès aura à élire les membres du nouveau Comité exécutif et les personnes qui seront chargées de diriger le travail de l'Union Mondiale et de nous guider jusqu'en 2009, date à laquelle se tiendra en Afrique le 7ème Congrès mondial. Outre son caractère d'invitation à venir au Congrès mondial, cet éditorial vous exprime, à vous toutes et à vous tous, anciennes et anciens élèves des Jésuites, mon adieu comme Président de l'Union Mondiale. J'ai eu le grand honneur de diriger l'Union Mondiale pendant six ans, depuis notre Congrès de Sydney en 1997. J'ai eu l'occasion de faire de nombreux déplacements et de rencontrer un grand nombre d'amis jésuites. Ce fut un temps très gratifiant pour moi. Je tiens à remercier tous mes amis anciennes et anciens élèves des Jésuites : j'espère vous voir toutes et tous à Kolkata pour vous saluer et vous remercier de votre constant appui. Que Dieu vous bénisse toutes et tous. Fabio Tobon Président POUR TOUTE INFORMATION SUR LE 6 ème CONGRÈS MONDIAL ET POUR SE PROCURER LE FORMULAIRE D'INSCRIPTION, ALLER SUR LE SITE : www.jawcon.org VOUS Y TROUVEREZ TOUTES LES PRÉCISIONS UTILES. LA DIMENSION SPIRITUELLE DANS LES OEUVRES DE TAGORE Un des plus célèbres poèmes de Tagore commence par ces mots : " le monde est fou de violence ; chaque jour voit naître toutes sortes de conflit cruel, " et il poursuit en priant le Tout-puissant d'instiller amour et sagesse à un monde affligé de maux innombrables. Voilà ce qui est au cœur de l'humanisme spirituel de Tagore. En soulignant le besoin de liberté spirituelle, il met l'accent sur les excès incontrôlés de la passion qui détruit notre équilibre personnel et obscurcit l'harmonie sous-jacente existant entre l'esprit de chacun et l'esprit universel. Cette maladie, qu'il nomme "péché", déforme cette liberté que nous avons, liberté s'incarnant dans les royaumes de la matière, de l'intelligence et de l'esprit. " La religion de l' homme ", telle que Tagore l'appelle, est un appel à croire dans le caractère sublime de l'homme, car rien n'est plus grand que le Divin dans l'homme. Voici ce qu'il dit à ce sujet : " J'avais 18 ans, et voici que soudain, le souffle printanier d'une expérience religieuse surgit pour la première fois dans ma vie, puis, une fois disparu, il m'a laissé en mémoire ce message direct de l'existence de la réalité spirituelle .... Si je n'ai pas oublié cette expérience, c'est en raison du caractère humain de son message, de l'irruption soudaine de ma conscience dans le monde super-personnel de l'homme ..... Soudain, je devins conscient de ce qui exaltait le tréfonds de mon âme. Le monde de mon expérience, en un moment, m'a semblé comme illuminé, et des faits, qui étaient jusqu'ici détachés les uns des autres et ternes, se trouvèrent fondus dans une grande unité de signification ... Je compris que j'avais, enfin, trouvé ma religion, la religion de l'homme, en laquelle l'infini devint fini, dans l'humanité..." Cette idée, il l' a exprimée dans des poèmes dédiés à celui qu'il a appelé Jivan Devata, le Seigneur de la Vie. Le père de Tagore, Debendranath, a propagé une religion monothéiste fondée sur les Upanishads et Rabindranath a aussi été inspiré par Advaita Vedanta. Mais il était trop indépendant pour adhérer à la rigidité d'un credo institutionnel ou dogme. Pour Tagore, la religion était une question de conviction personnelle. Il croyait davantage à tous les individus qui, dans le monde, nourrissaient de nobles sentiments et agissaient droitement, et ce faisant, devenaient les médiateurs de la vérité morale. Tagore n'a jamais voulu être étiqueté théologien ou philosophe. Il était plus heureux d'être connu des autres comme poète. "Ami Kobi" (je suis un poète), disait-il. Il se sentait un avec la nature dans laquelle il a puisé son inspiration. Il l'a vue comme la manifestation physique de l'Esprit Universel et a exprimé cette expérience par sa poésie. Ses méditations sur Dieu, l'homme et la nature, particulièrement dans le Gitanjali - qui sont des chants offerts à l'Infini - non seulement font écho à la perception de l'Absolu qu'on trouve dans les Védas, mais aussi transmettent l'ardeur de l'amour pour Dieu d'un bhakta Vaishnavaite. Avec ses yeux d' humaniste, Tagore a perçu un rapport symbolique entre les différentes religions du monde et il a essayé de projeter dans ses écrits leur signification essentielle. C'est ainsi que les valeurs éternelles du Bouddhisme lui sont apparues comme aussi significatives que l'idée, trouvée dans les Upanishads, d'un Etre Suprême. Avec l'esprit humain livré à la convoitise, la haine et la violence, l'âme angoissée du poète en a appelé au contact du Bouddha guérisseur : " O Toi, Sérénité, O Toi, Liberté, dans ta pitié et bonté sans limites, efface toutes les tâches sombres du cœur de cette terre." Tagore a renoncé à la décoration dans l'ordre de la chevalerie que les Anglais lui avaient décernée et ce, pour protester contre le massacre de Jallianwala Bagh en 1919. Resté quand même dans son pays, il fut très conscient des excès du chauvinisme se réclamant du patriotisme. Ceci est exprimé par Atin, le héros du court roman de Tagore, Char Adhay (roman se composant de quatre chapitres), quand il dit : " le fait que la vie d'un pays puisse être sauvée en tuant son âme est la plus fausse et la plus monstrueuse doctrine que les nationalistes répandent partout de leurs voix grossières." Cet esprit d'humanisme s'exprime dans certains de ses autres écrits, comme Ghare Baire et Kabuliwallah. L'invocation du poète à la Divinité pour le rachat de son pays dans Gitanjali est une de ses poésies les plus célèbres :" Là où l'esprit est sans crainte et où la tête est haut portée. Là où la connaissance est libre. Là où le monde n'a pas été morcelé entre d'étroites parois mitoyennes. Là où les mots émanent des profondeurs de la vérité. Là où l'effort infatigué tend les bras vers la perfection. Là où le clair courant de la raison ne s'est pas mortellement égaré dans l'aride et morne désert de la coutume. Là où l'esprit, guidé par toi, s'avance dans l'élargissement continu de la pensée et de l'action - dans ce paradis de liberté, mon Père, permets que ma patrie s'éveille. " Tagore s'est considéré comme un pèlerin solitaire, éternellement en recherche du bonheur sans limites qui dépasse sans doute les limites du royaume de l'expérience humaine. Sa vie a été une quête permanente d'une forme universelle d'expression religieuse, enracinée dans l'esprit de la tradition de l'Inde. LE BUT DE L'ÉDUCATION SELON IGNACE ET TAGORE Intéressant pour les Indiens doit être de comparer l'idéal de l'éducation prôné par Ignace et celui proposé par Tagore. Le Collège Saint Xavier est fier de ce lien qu'a eu le grand poète avec lui pendant 14 mois. Le poète, de son côté, a gardé un souvenir ému d'un des ses professeurs, le Père de Peneranda dont il dit : " encore aujourd'hui, le souvenir que j'en garde me semble comme une porte d'entrée vers la solitude silencieuse du temple de Dieu ". Cependant, sur l'éducation jésuite, il dit dans le même passage : " de fait, le moteur de cette éducation est implacablement puissant ; et quand il est lié à des formes extérieures de la religion, alors, de fait, le cœur du jeune est écrasé de sécheresse. C'est ce type de meule actionné par un puissant moteur dont nous avons fait l'expérience au collège St Xavier. " Cette opinion de Tagore ne sera pas partagé par tous les anciens élèves. Un autre grand poète, Lamartine, parlant de l'éducation qu'il avait reçue dans un établissement jésuite, écrit ceci: " j'étais un garçon violent et têtu mais j'ai été adouci et maîtrisé, de sorte que, de mon plein gré, je me suis soumis au joug que des professeurs compétents nous ont rendu léger et agréable....Nos âmes ont pu prendre leur essor et s'élancer vers le bon et le beau...J'appris alors tout ce qu'on peut obtenir d'êtres humains, non par la contrainte mais par l'encouragement. Ils nous ont rendu la religion attrayante et nous ont remplis l'esprit d'amour de Dieu ". Et Voltaire, alors même qu'il était déjà devenu un ennemi de la religion, écrivait en 1746 : " Qu'ai-je donc remarqué durant les sept ans que j'ai passés dans une maison des Jésuites ? Une vie remplie de modération, de diligence et d'ordre. Chaque heure du jour, ils l'ont consacrée à notre éducation ou à l'accomplissement de leurs vœux. Beaucoup comme moi furent éduqués ainsi.". (œuvres, édition de 1817, Vol. 8.118). Plus proche de nous, en Inde même, on peut citer un très grand nombre de témoignages semblables venant d'hommes éduqués par les Jésuites. La question que je désire cependant soulever ici est la suivante. Il y a peu d'éducateurs d'aujourd'hui qui considèrent comme le but ultime de l'éducation le sens ultime de la vie, comme Tagore l'a affirmé et en cela, on peut reconnaître qu'il y a entre lui et le fondateur de la Compagnie de Jésus une large affinité d'idée. Aussi étrange que cela puisse paraître, la très grande humanité de Rabindranath Tagore trouve sa contrepartie chez Ignace qui, en dépit de l'aspect militaire de la Compagnie de Jésus, a laissé à ses disciples un héritage spirituel et des principes éducatifs tournés à la fois vers le ciel et la terre et dont la manière d'approcher l'âme humaine, en particulier celle des jeunes, aurait, si l'apôtre de l'Inde y avait lui-même été assez attentif, rempli de joie et de beauté son cœur. La première chose et la plus importante à considérer dans l'éducation, celle qui constitue son élément central, est la recherche du sens ultime de la vie, car c'est à cette fin que doivent être adaptés les moyens et les méthodes. L'élément central et vrai dans cette éducation est ce qui met de l'harmonie entre les diverses facultés de l'âme sans en amoindrir aucune. Il doit être assez profond et assez élevé pour intégrer et dynamiser ce qui se trouve de plus profond et de plus élevé en l'homme ; il doit être assez ample pour embrasser toute l'humanité et toute la création. Pour Tagore, cet élément central, c'est la vie, la vie dans sa dimension la plus pure et la plus élevée, la vie se qui se puise à la Source Infinie et la vie qui se trouve dans des milliers de manifestation, la vie présente dans le professeur comme dans l'élève, dans nos frères humains comme dans l'univers autour de nous. L'éducation pour Tagore est un processus au travers duquel un esprit peut grandir, tendre à autre chose que lui et atteindre à une communion spirituelle avec les hommes, la nature et la Source de la Vie. Cet idéal de Tagore peut largement aider à comprendre celui d'Ignace de Loyola, car, quelle que soit la différence de conception qui peut exister entre eux deux sur la Source infinie, reste que, pour eux deux, la tension de l'âme vers cet Esprit constitue le but de la vie et le but de l'éducation. Exprimé dans un langage un peu froid et rigide, la définition suivante sur l'idéal jésuite d'une éducation totale manifeste bien ce qu'est l'esprit ignatien : " Eduquer veut dire tendre vers le plein et harmonieux développement et l'expression artistiquement effective de l'ensemble des 7 facultés de l'homme (les sens, l'imagination, ce qui relève de l'instinct et du conscient, la mémoire, l'intelligence, la volonté), ce développement devant être atteint par des exercices faits personnellement par l'élève lui-même ou des exercices imposés s'appliquant à chacune de ces facultés spécifiques, sous la conduite de professeurs et avec l'aide de la Grâce divine, en vue de le préparer à la vie la plus élevée et la plus heureuse dès ici bas et dans l'au-delà. "(Farrell , le Code jésuite d'une éducation libérale, p. 421). "La vie la plus élevée et la plus heureuse dès ici-bas et dans l'au-delà ! " C'est-là dire que l'éducation doit être centrée sur Dieu, centrée sur la vie ; la vie la plus élevée et la plus heureuse centrée sur Dieu, grâce au " développement harmonieux et l'expression artistiquement effective des puissances et facultés de tous les hommes ". Le lieu d'exercice de ces puissances est, comme Ignace l'a bien dit, " toutes les choses à la surface de la terre. " Les ressources mentales, morales et physiques de l'homme doivent être développées au sein et à travers l'univers dont chacun est une partie ; à travers la nature, l'homme doit rejoindre le Dieu de la nature. C'est-là ce qui ouvre une très large perspective à un humanisme intégral qui est le but premier de l'éducation jésuite. C'est ce que la Compagnie de Jésus tente d'instiller chez ceux qui sont sous sa responsabilité, en particulier chez les jeunes. En laissant au professeur assez d'initiative pour avancer au rythme de ce que la psychologie éducative requiert, le Ratio promeut quelques principes directeurs remarquables en vue de stimuler et de canaliser les puissances et tendances innées des jeunes et ceci, grâce à la formation concernant la vie affective, l'imagination, la pensée et le jugement, grâce à la pratique de l'écriture, d' exercices de composition, de l'art de la parole en public et autres lieux problématiques d'apprentissage. Le sens historique était développé par la présentation de trésors anciens et actuels tels que les œuvres poétiques, le théâtre, l'histoire etc... ainsi qu'à travers la médiation de deux langues anciennes : le Grec et le Latin, ainsi qu'à travers celle de notre langue maternelle et d'un autre langage moderne qui, selon Paul Turmes, pour ce qui concerne les langues officielles de son propre pays, furent le Français et l'Allemand. En dépit de la brièveté de cette période de deux années, le cursus de cette formation fut suffisamment complet et la méthode suffisamment efficiente.